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REVIVISCENCE

Voici la petite histoire de cette toile qui ne sait pas encore si elle est terminée !

LouB, GF#17, acrylique, papier 42×86 po, 2026, crédits photo Louise Boisclair.

Après avoir terminé ce Grand Format #17, par curiosité, j’ai demandé à IA comment elle le décrirait. Voici ce qu’elle a écrit :

Cette œuvre de LouB (signature artistique de Louise Boisclair) s'inscrit dans son concept d' art écosphérique, explorant le vivant et ses tracés énergétiques. Voici une description du tableau :

Description de l'œuvre

  • Style et technique : L'œuvre est une peinture abstraite contemporaine, utilisant de l'acrylique sur papier. Elle se caractérise par une approche gestuelle expressionniste, où l'artiste utilise des techniques mixtes incluant l'application de coulures, le grattage et le marquage pour créer de la texture et de la profondeur.

  • Composition et couleurs : Le fond est majoritairement noir ou très foncé, agissant comme un espace chaotique d'où émergent des formes. Au premier plan, des figures et des formes aux contours définis apparaissent, principalement dans des teintes de bleu sarcelle, de vert émeraude et de turquoise vif. Ces formes rappellent des silhouettes anthropomorphes, des organismes vivants, ou des réseaux complexes, mis en évidence par un léger contour vert chartreuse ou jaune-vert.

  • Lignes et mouvement : De fines lignes blanches ou bleu clair parcourent l'ensemble de la composition, se croisant, se bouclant et s'étirant d'un bout à l'autre de la surface. Ces lignes créent une sensation de mouvement continu, de connexion et de flux énergétique, évoquant des circuits ou des rhizomes.

  • Ambiance : L'ensemble dégage une impression de vitalité intense et de résilience, comme si des formes de vie émergeaient de la pénombre, illustrant le concept de « reviviscence » (retour à la vie) mentionné dans le titre. L'art écosphérique de LouB cherche à rendre sensible le flot énergétique entre la nature et l'humanité.

Je lui ai alors demandé si elle retrouvait le mot REVIVISCENCE. Non, elle ne l’a pas trouvé, alors qu’il y est, très étiré, mais présent quand même.

IA m’a demandé si je voulais une élaboration de reviviscence et de art écosphérique. Oui.

Le terme « reviviscence » dans l'art de Louise Boisclair a une signification philosophique et symbolique profonde, liée à l'art écosphérique

Le concept de « Reviviscence »

  • Retour à la vie : Littéralement, la reviviscence signifie le rétablissement de l'animation ou de la conscience, un retour à la vie après une période d'inactivité ou de mort.

  • Symbole dans l'art : Dans le contexte général de l'art, le concept peut symboliser la résurrection ou le renouvellement. Par exemple, certains fruits coupés ou la vigne grimpante peuvent symboliser la reviviscence et l'immortalité dans les natures mortes classiques. (Je souligne en caractères gras ce qui me semble non seulement pertinent mais en lien direct avec l’intention de ma pratique artistique.)

  • Vision de LouB : Pour Louise Boisclair, ce concept est au cœur de son projet artistique. Elle ne cherche pas à représenter des formes figées, mais plutôt à les « dé-fossilisées », à secouer la pierre qui les maintenait immobiles. L'intention est de montrer des organismes qui respirent, reprennent couleur et vitalité.

  • Art écosphérique : L'art écosphérique de LouB a pour but de dépasser l'Anthropocène (l'ère de l'impact humain sur la planète) pour inspirer le Symbiocène (une ère de symbiose), où tout le vivant peut évoluer et se pérenniser. La « reviviscence » est donc le processus par lequel le vivant, menacé par la crise climatique, retrouve son énergie et sa place. 

Dans le tableau, les lignes et les formes entrelacées représentent ce flux d'énergie et cette interconnexion du vivant, l'acte de retrouver la vitalité.

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JOUER À LA MARELLE : EXIT ANTHROPOCÈNE

Voici la petite histoire de cette toile qui ne sait pas encore si elle est terminée !

LouB, GF#16, acrylique, papier 42×86 po, 2025, crédits photo Louise Boisclair.

JOUER À LA MARELLE ⎯ EXIT ANTHROPOCÈNE

Une fois terminé ce Grand Format #16, je lui ai cherché un surtitre. J’ai tout de suite pensé à : JOUER À LA MARELLE.

Puis l’expression « La chimiothérapie de l’anthropocène » s’est imposée. J’ai vérifié dans google si ce titre était utilisé. Selon l’IA non pas un terme médical standard, mais plutôt une métaphore puissante décrivant comment l'humanité, à travers ses activités (industrie, agriculture intensive), agit comme un agent toxique à l'échelle planétaire, dégradant les écosystèmes et provoquant des crises (climatiques, pandémies comme le COVID-19). C'est l'idée que nos "médicaments" (pesticides, engrais, armes chimiques) se retournent contre la biosphère, créant un "cancer" planétaire nécessitant un « remède » radical face à notre impact démesuré, souvent lié à nos systèmes industriels et militaires. Rappelons que l'Anthropocène désigne une nouvelle époque géologique (dont l’appellation a été refusée en 2024) où l'homme est la force dominante qui modifie la Terre, entraînant un désordre planétaire et une crise de la biodiversité. Quant à la « chimiothérapie », elle renvoie aux activités humaines (engrais, pesticides, armes) qui, initialement conçues pour des bénéfices limités (agriculture, guerre), se révèlent être des poisons systémiques pour la nature. Pour sa part le « cancer » évoque la dégradation globale des biomes, la perte de biodiversité, et les crises sanitaires (comme le Covid-19, qualifié de "maladie de l'Anthropocène"). Toutefois, dans l’esprit du tableau, l’expression évoque la tentative ultime de renverser l’anthropocène par des moyens chimiques puisque les moyens naturels et humains ne semblent pas pouvoir y arriver. Par renversement, l’anthropocène s’entend comme les effets toxiques ne notre mode de vie sur la nature.

Après un petit recul, je suis revenue à JOUER À LA MARELLE (en ajoutant) HORS DE L’ANTHROPOCÈNE, puis EXIT ANTHROPOCÈNE. Surtout que ce grand tableau s’associe à cinq toiles 16x20 intitulées LE RETOUR DU VIVANT. En effet, les tracés jaunes qui relient les plaques et la forme mouvante évoquent davantage la circulation d’une énergie radieuse d’un lieu à un autre, que ce soit un continent, un ilot, une batture ou un archipel. Ce surtitre me plaît davantage, car il sous-entend qu’on peut jouer à la marelle, c’est-à-dire sauter d’une flaque à l’autre, d’un territoire à un autre, pour réussir à sortir de l’Anthropocène. Bien sûr, il aurait tout aussi bien pu se nommer GF#16, mais son allure de carte géologique ou atmosphérique convoque le rapport pathétique que traverse actuellement l’humanité et la planète Terre qu’elle n’a pas réussi à soigner et qui le lui fait sentir. Finalement ce sera JOUER À LA MARELLE : EXIT ANTHRPOPOCÈNE… Sortir de l’anthropocène oui, mais sortir l’anthropocène de l’espace temps, de l’air du temps.   

Place maintenant à la réalisation de GF#17, un tableau inspiré du terme REVIVISCENCE. Une notion qu’un éditeur m’a demandé de développer pour un lexique d’émersiologie. Cette création alimentera la recherche que je poursuis dès demain jusqu’à la date butoir de février 2026.

NOTE : GF#16 est jumelé aux RETOUR DU VIVANT 1,2,3,4,5, fond jaune verdâtre et ocre, 2025

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L’animisme des plaques tectoniques

Voici la petite histoire de cette toile qui ne sait pas encore si elle est terminée !

LouB, GF#15, acrylique, papier 42×85 po, 2025, crédits photo Louise Boisclair.

Ce GRAND FORMAT #15 a connu de nombreux mouvements, non seulement à l’extérieur sur le papier mais à l’intérieur de moi plus profondément que j’aurais pu imaginer.

Après un brossage dense de bleu de prusse à gauche, à droite, liquéfié au milieu, le marquage blanc entoure certaines zones bleues à droite. Un pont apparaît. À un moment l’entourage a quelque chose de rassurant. Comme un besoin de limiter, de délimiter, de circonscrire, de tracer un passage vers l’ailleurs, l’en dehors. De voie de sortie du sable mouvant. Telle une ligne de fuite avec plein de bifurcations. C’est à la fois une récapitulation d’un territoire ancien et de ses dénivellations (on ne sait jamais lequel tout à fait, mais qui nous a marqué, nous étant personnel et collectif) et un plongeon dans un tréfonds qui autrefois m’aurait terrifiée, parce que sans fond et menaçant de m’aspirer contre ma volonté. Alors que là le fond est atteint, ce qui permet le rebondissement. Dans cette masse informe, l’entourage vert circonscrit des circuits, dont la première figure est le pont au premier plan à droite, puis diverses zones. Ainsi de suite avec le feutre blanc. De nombreux ajouts s’ensuivent. Je décide de laisser l’eau ferreuse s’infiltrer dans les territoires. Le pont enjambe l’eau ferreuse. Ça y est, la sauce prend, plus qu’à saupoudrer quelques épices. Laisser reposer, passer au crible. Une première lecture singulière devient possible. Une fois le vernis apposé, la recherche d’un surtitre se poursuit. « LE DESSEIN NE SE DESSINE PAS », « AVANT ET APRÈS L’ANALYSE », « EN TRAÇANT LES MARQUES DE L’ANALYSE ». Au final ce sera « L’ANIMISME DES PLAQUES TECTONIQUES ». Une lecture multiple s’enclenche. Là je sais, il est terminé, son interprétation est interminable comme une analyse. D’abord la mienne et, éventuellement celle des regardants et des regardantes. Je dis surtitre car le titre officiel demeure GF #15.

En vue de mon exposition individuelle de mai 2027, ce grand format sera jumelé aux 5 toiles 16x20  RETOUR DU VIVANT, bleu de prusse.

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Sortir des sentiers battus

Voici la petite histoire de cette toile qui ne sait pas encore si elle est terminée !

LouB, GF#1, acrylique, papier 41×84 po, 2025, crédits photo Louise Boisclair.

EN MODE EXPÉRIMENTAL CE PREMIER SUPER GRAND FORMAT

Je vous raconte. En préparant INTERSIDÉRAL : d’un espace à l’autre (mon expo en cours au Cinéma BEAUBIEN de Montréal), j’ai ressenti un appel intérieur. Si tu te lançais un nouveau défi. Ça chemine. Je me demande pourquoi. Mais pour renouveler ta créativité. Ce n’est pas long que les habitudes nous enlisent dans un corridor étroit. Pour laisser s’exprimer les tréfonds qui n’en demandent pas mieux. Explorer, expérimenter, jouer à dessiner et peindre est une nécessité, pour toi comme pour d’autres artistes.

Ça fait un peu peur, je l’avoue. Sortir des sentiers battus. Quitter sa zone de confort. Propulser le geste jusqu’au moment où continuer risque de tout faire basculer. Laisser advenir ce qui jaillit du geste et de la spirale du regard. Continuer donc jusqu’à l’instant ‘magique’ où l’œuvre vit par elle-même.

Comme je me suis fait installer un panneau vertical 4 pi x 8 pi. qui me servira éventuellement pour n’importe quel format à la verticale, c’est LE moment. Ces prochaines semaines, toutefois, je me concentrerai sur le papier à dessin 42 x 84 po. Celui-ci vient en rouleau, 42 pouces de large x 10 verges de long. En tout, j’en ai pour 4 super grands formats et un de 42 po x 24po. On verra ensuite. C’est tout un défi, en fait c'est un ensemble de défis. Entre autres il faut s’éloigner souvent et assez loin pour apercevoir l’ensemble en devenir.

Voici donc ma première exploration. À un moment donné, je me suis demandé si ce n'était pas un hommage à Picasso et son Guernica ? Je me garde une petite gène…

Petite fiche muséo :

ARTISTE : LouB artiste TITRE : GRAND FORMAT #1 MÉDIUM : Techniques mixtes SUPPORT : Papier à dessin (70 lbs) DIMENSION : 41 po x 84 po STYLE : Expressionnisme gestuel PROTECTION : fines couches de vernis mat ANNÉE : 2025

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Un peuple à venir

Voici la petite histoire de cette toile qui ne sait pas encore si elle est terminée !

LOUB, Un peuple à venir, acrylique sur toile 16×20po, 2025, crédits photo Louise Boisclair.

Cette toile, dont le titre est emprunté à Deleuze, a déjà toute une histoire!

Au tout début, celles ceux qui l’ont likée en 2023 s’en souviendront peut-être, elle s’appelait Engrenage. Elle était assez aboutie. En photo, elle avait l’air terminé. C’est souvent le cas avec la photo d’une peinture qui a tendance à niveler les aspérités de la composition ou de la plasticité. À force de la regarder, quelque chose m’interpellait. Au fil du temps il y a donc eu Engrenage 2, Engrenage 3, Engrenage 4. Mais Engrenage 5 n’a pas survécu. Avec l’"overwork", elle s’est retrouvée enfermée par une accumulation de lignes de telle sorte qu’à un moment j’ai entrepris de l’en alléger, sans y parvenir à mon goût. Quelques six heures plus tard, les rouages de l’engrenage s’assombrissaient. Ils devenaient le fantôme de leur existence. Et les figures nouvellement tracées avaient l’air perdues dans tout ça. Après l’avoir postée sur Instagram, j’ai cru qu’elle était terminée. Non, l’élan de tracer des colonnes vertébrales à l’intérieur des figures s’est fait sentir. Et, le matin suivant, elle s'est de nouveau retrouvée sur la table de travail. Les feutres acryliques sortis du tiroir, tout un peuple de regards et d’êtres est né. Survivra-t-elle ? Cette toile est-elle terminée ? Il semble que oui jusqu'à ce que... En tout cas, longue vie à « un peuple à venir » !

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Les pérégrinations d’une vie

LOUB, Les pérégrinations d’une vie, acrylique sur toile, 16×20po, 2025, crédits photo Louise Boisclair

Cette oeuvre pourrait se décrire ainsi.

Sur un fond de dégradés rosés, s’étend une constellation de bifurcations, avec des points de jonctions, des aires de rencontres. Elle poétise des circuits astronomiques ou astrologiques, comme on le veut. À l’arrière-plan, des sentiers roses entourés de lignes plus foncées constituent une carte de déplacements et des zones d’arrêt. Tandis qu’à certains endroits des figures stylisées de regards et d’êtres apparaissent souvent en anamorphoses. Enfin, devant, une circonvolution bleue surplombe l’ensemble des tracés, pistes ou sentiers avec des entourages de lieux ou de rencontres. Après-coup l’intrication de ces trajets me semble évoquer ce que Whitehead appelle « route historique ». Il faut lire dans le texte ce grand philosophe pour vraiment saisir ce qu’il entend par cette expression. Lors de ma fréquentation de sa philosophie, j’ai vulgarisée l’expression en trois niveaux de signification de l’expérience. Dans la vie. De vie. D’une vie (cf. Émersivité du corps en alerte, L’expérientiel 2, 2020, pp. 100-101). Aussi bien dire l’expérience concrète, l’expérience conscientisée et l’expérience récurrente. Plus on y réfléchit, plus on trouve de distinctions, de disruptions et de similitudes. C’est un peu tout ça, de manière abstraite, qui se retrouve stylisé dans Pérégrinations. Les regardant.e.s y verront librement ce que leur perception captera, leur sensibilité ressentira, et leur vécu associera. Même si après-coup on peut philosopher à partir de la réception de l’œuvre, c’est son langage plastique et iconique qui importe.

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